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Les Prescriptions en pharmacopée selon la médecine traditionnelle chinoise.

L'origine des prescriptions en MTC remonte à SHEN NONG (ou SHEN DONG), empereur légendaire, fondateur de l'agriculture en Chine. Avant lui, les Chinois cueillaient ce qui poussait d'une manière sauvage, sans cultiver ; SHEN DONG va découvrir les vertus alimentaires et thérapeutiques de certains produits ; c'est pour cette raison qu'on dit en Chine que "aliments et médicaments prennent la même source". A l'origine, on se contentait de mâcher un produit simple mais la maladie entraînant l'apparition de plusieurs symptômes, parfois des symptômes mélangés, un seul produit se révélait insuffisant pour le traitement. Les Anciens Chinois ont donc essayé de mélanger les produits pour faire des prescriptions composées.
On dit que YI YIN composa FANG JI (la première prescription). YI YIN, issu d'une famille pauvre, vivait sous la dynastie des SHANG (du 16e au 11e siècle avant J-C). Il était esclave lorsque sa maîtresse épousa le premier roi de cette dynastie : HUA TANG. Il suivit sa maîtresse et occupa au palais les fonctions de cuisinier. Le roi remarqua son intelligence et commença à parler avec lui de médecine et de politique ce qui lui valut de finir sa vie comme premier ministre. YI YIN était conscient que les aliments et les médicaments prennent la même source, connaissant la cuisine et la médecine, il eut l'idée de mettre des produits médicamenteux dans les soupes, il inventa ainsi TANG YE : la décoction. Cette invention marqua le début de FANG JI, la prescription, et s'ajouta au traitement par un produit simple mâché (ZHONG YAO) qui avait valu à SHEN DONG plusieurs intoxications.
Avec la décoction, le traitement devient plus efficace et les prescriptions moins dangereuses car la cuisson et le mélange des produits permet d'atténuer les effets secondaires et de potentialiser les effets thérapeutiques. La décoction une fois créée permet d'intervenir sur des maladies différentes et compliquées. SHEN DONG et YI YIN symbolisent à eux deux la prescription car ils sont représentatifs d'une longue histoire ou intervinrent d'autres acteurs depuis l'invention du feu pour la cuisson, de la poterie ; des différents ustensiles.

Toujours est-il que YI YIN aurait rédigé le “TANG YE JIN”, ouvrage de prescriptions gravées sur du bambou ou des carapaces de tortues. Cet ouvrage est perdu mais quand, sous les HAN, on édite le catalogue de tous les ouvrages rédigés jusqu'alors, on ne manque pas de le citer.
Certaines sources prétendent même que le “SHANG HAN LUN” ne serait qu'un développement du “TANG YE JING”.
L'ouvrage le plus ancien connu de nos jours est le “WU SHI ER BING FANG" (52 prescriptions) rédigé sur des BO SHU, rouleaux de soie, il a été trouvé dans la tombe de MA WANG DI découverte en 1973 dans la province de HUNAN. Bien que ces rouleaux de soie présentent des difficultés de lecture dues aux plis, on y dénombre plus de 280 prescriptions qui, si elles semblent sommaires par rapport aux prescriptions établies plus tard, sont d'un niveau élevé.
Elles n'ont pas de nom mais on trouve le nom et le dosage des produits (dosage peu précis). Ces prescriptions dateraient de la "Période des printemps et automnes", environ 300 ans avant la parution du "NEI JING" (soit suivant certaines datations 600 ans avant J-C).
Dans le “HUANG DI NEI JING SU WEN”, il n'y a que 13 prescriptions car c'est un canon de la Théorie de la MTC, en quelque sorte un résumé pour des personnes déjà formées à la MTC ; cependant elles sont plus élaborées que celles des “52 prescriptions”, elles ont un nom, des notions de compatibilité et une bonne présentation.
Sous la dynastie des HAN (environ 200 ans avant J-C), ZHANG ZHONG JING rédige le “SHANG HAN ZA BING LUN”, ouvrage perdu puis reconstitué sous le nom de “SHANG HAN LUN” et “JIN KUI YAO LUE”. Le “SHANG HAN LUN” contient 113 prescriptions et le “JIN KUI YAO LUE” 265.

 
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La médecine traditionnelle chinoise est un art millénaire et ancestral, permettant de rétablir l'équilibre des énergies circulant dans le corps humain. L'harmonisation de ces énergies permet à tout être vivant de conserver une bonne santé physique. Au contraire, des déséquilibres énergétiques peuvent engendrer des maladies. Notre formation en MTC vous permettra de mieux comprendre ces mécanismes complexes (mais obéissant à des règles bien précises), et d'agir en conséquence par les différentes méthodes de soin de la M.T.C. afin de rétablir les déséquilibres. L'acupuncture, la moxibustion, la médecine manuelle, le tuina, la pharmacopée, la phytothérapie sont autant d'outils que vous aurez à disposition afin d'arriver à vos fins pour préserver la bonne santé de vos proches ou patients.
 

Les prescriptions de ces deux ouvrages sont des JING FANG : prescriptions classiques avec peu de produits et fortement dosés, très efficaces si elles sont utilisées à partir d'un diagnostic correct mais ayant de gros effets secondaires en cas de flou dans le diagnostic. Il faut donc bien les maîtriser pour les utiliser. C'est le privilège des vieux médecins qui ne travaillent qu'avec des prescriptions classiques et sont pleins de mépris pour les prescriptions modernes : SHI FANG contenant plus de produits, moins dosés qui tolèrent des erreurs qu'on peut ainsi corriger.
Les JING FANG, malgré leur ancienneté, sont toujours utilisées en clinique et leurs deux ouvrages de base sont appelés "Gouverneurs des prescriptions".
Sous la dynastie des JIN, GE HONG rédige le “ZHOU HOU FANG” (mot à mot : coude, dessous, prescription). Prescriptions qu'il fallait toujours avoir sous le coude en cas d'urgence. La notion "sous le coude" vient de la largeur des manches des médecins de cette époque, largeur qui leur permettait d'y stocker des produits de pharmacopée.
Ce livre est aussi connu sous le nom de “ZHOU HOU BE JI” (coude, dessous, préparer, urgence, prescription). Ces prescriptions comportent peu de produits, facilement trouvables en toute saison et très bon marché. Par exemple pour traiter le rhume avec nez bouché : "CONG CHI TANG" qui ne contient que deux produits (CONG BAI et DAN DOU CHI).
Sous la dynastie des TANG, SUN SI MIAO rédige le “QIAN JIN YAO FANG” auquel il rajoute des textes et le publie alors sous le nom de “QIAN JIN YI FANG” (ordonnance valant mille pièces d'or). Ces deux livres contiennent 6.000 prescriptions avec souvent des dizaines de produits par prescription.
A la même période, WAN TAO, qui était fonctionnaire, s'occupait des archives du ministère de la culture et avait donc accès aux livres des prescriptions secrètes gardées par l'état, il va publier 4.500 des plus importantes prescriptions secrètes. Il a eu alors une bonne idée car, depuis, les ouvrages dans lesquels il a copié ont été perdus. On peut ainsi savoir ce qui existait avant la dynastie des TANG.

Sous la dynastie des SONG, l'invention de l'imprimerie va impulser de grands progrès culturels et les différentes autorités ou gouverneurs vont accorder beaucoup d'importance à la rédaction des prescriptions.
Ouvrages collectifs, ils sont connus surtout sous le nom de “TAI PIN SHEN HUI FANG” et de “SHEN JI ZONG LUN”. Les deux ouvrages contiennent plus de 10.000 prescriptions car on y regroupe tout ce qui est connu sous les SONG. Paraît aussi le “HE JI JU FANG” (HE JI JU : bureau qui s'occupe de la médecine). Ce bureau s'occupait aussi des usines pour produire des médicaments tout prêts. Ce dernier livre contient donc les formules des médicaments tout prêts et exercera une grande influence. Ainsi les patients s'adressent directement au bureau pour avoir des médicaments sans passer par un médecin. Les médicaments sont le plus souvent parfumés, piquants, tièdes, donc efficaces en cas de Froid-Humidité. Le “HE JI JU FANG” (connu aussi sous le nom de YAO DIAN) est une encyclopédie d'état. L'automédication des patients induit des résultats variables et souvent médiocres.

Sous la dynastie des JIN YUAN, ZHU DAN XI rédige un développement du “HE JI JU FANG” (le “JU FANG FA HUI”) qui est en fait une critique sévère des médicaments piquants-tièdes. ZHU DAN XI est en fait le responsable de l'Ecole de la Nourriture du Yin. Il faut dire qu'à cette époque de nombreuses écoles s'affrontent : celle de LIU HE JIAN (école du froid-frais) où on s'attache à des prescriptions pour chasser la chaleur, celle de ZANG ZI HE, école de la purgation, celle de LI DONG YUAN qui tonifie la rate (c'est à cette école qu'on doit la célèbre prescription BU ZHONG YI QI TANG). Devant la richesse et la confrontation de ces écoles, la qualité des prescriptions s'enrichit considérablement.
Sous la dynastie des MING paraît le “PU JI FANG”. Dans cet ouvrage est répertorié le plus grand nombre de prescriptions connu jusqu'à nos jours. C'est un ouvrage de 10 tomes, très épais, qui couvre tout un rayon de bibliothèque, qui contient 60.000 prescriptions et n'a pas encore été égalé de nos jours. Actuellement est en préparation un ouvrage de 10 tomes qui contiendra plus de 100.000 prescriptions. Si on devait réunir tout le savoir en comptant les prescriptions qui n'ont pas de nom, donc inclassables dans une encyclopédie, on atteindrait 1 million de prescriptions.

Sous la dynastie des QING, WANG ANG rédige le “YI FANG JI JIE” qui, à partir de l'encyclopédie précédente, sélectionne dans un but pédagogique les prescriptions les plus usuelles et les plus efficaces. C'est surtout un livre d'enseignement où on classifie et explique chaque prescription.
Dans le même but, il publie également le “TANG GE JUE” où chaque prescription reçoit, en chanson, quatre phrases d'explication pour faciliter la mémorisation.
A cette période, avec “WEN BING XUE” (diagnostic et traitement des maladies de la chaleur), la pharmacopée connait un grand développement et WU JU JONG dans le “WEN BING TIAO BIAN” donne des prescriptions pour chaque type de maladie et en fait un ouvrage de référence.

 
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